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[ UN HOMME, DEUX FEMMES, TROIS POSSIBILITÉS ]

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Le salon de beauté de Colette 

 

C’est peut-être l’épisode le plus étonnant de la carrière de Colette. En 1932, l’écrivaine ouvre un institut de beauté rue Miromesnil, à Paris, subventionné entre autres par son amie Winnaretta Singer, dite Winnie, Princesse de Polignac. Dans une lettre à une amie, elle annonce son ouverture avec ironie.  Ce projet, que peu de proches de l’écrivaine soutiennent, concrétise l’intérêt de Colette pour les cosmétiques, qu’elle fabrique elle-même avec des fruits, des légumes et du cold-cream. Dans un texte de 1933, elle détaille les différentes facettes d’une industrie cosmétique en plein essor, qui sublime la femme autant qu’elle la contraint : "Nous détenons des gammes à enivrer un peintre. L’art d’accommoder les visages, l’industrie qui fabrique les fards, remuent presque autant de millions que la cinématographie. Plus l’époque est dure à la femme, plus la femme, fièrement, s’obstine à cacher qu’elle en pâtit. Des métiers écrasants arrachent à son bref repos, avant le jour, celle qu’on nommait “frêle créature”. Héroïquement dissimulée sous son fardmandarine, l’œil agrandi, une petite bouche rouge peinte sur sa bouche pâle, la femme récupère, grâce à son mensonge quotidien, une quotidienne dose d’endurance, et la fierté de n’avouer jamais…" Si l’institut, où Colette maquille elle-même ses clientes, ne connaît pas le succès escompté, il marque un tournant clé dans l’histoire de la mode et de la beauté, puisque Colette est l’une des premières personnalités de l’époque à donner son nom à une marque. De la formulation des produits jusqu’à la distribution, en passant par les packagings et les conseils prodigués aux clientes, elle gère la totalité de son entreprise, une pierre de plus à l’édifice d’une vie qui reste aujourd’hui l’un des plus forts témoignages de l’émancipation intellectuelle, culturelle et professionnelle des femmes.

Le Bruit de tes pas, de Valentina d’Urbano, chronique d’une jeunesse italienne.

 

Bea et Alfredo sont amis. Ils vivent dans une cité défavorisée du côté de Turin pendant les années de plomb. Dans ce royaume de l'exclusion et de la violence où chacun essaie de s'en sortir à sa manière - travail précaire, larcins, deals en tous genres, grandissent les deux personnages principaux : elle, issue d'une famille pauvre mais unie, qui tente de se construire une vie digne ; lui, élevé avec ses deux frères par un père alcoolique et brutal. Presque malgré eux, ils deviennent bientôt inséparables et s'influencent mutuellement au point de s'attirer le surnom de "jumeaux". Mais ce lien, qui les place au-dessus de leurs camarades est à la fois leur force et leur faiblesse. Chez Beatrice, courageuse, volontaire, qui rêve de rédemption et d'exil, l'amitié initiale se transforme peu à peu en amour sauvage, exclusif. Chez Alfredo, fragile et influençable, le désespoir s'accentue. Drames familiaux, désoeuvrement, alcool et drogue, tout semble se liguer pour détruire les deux jeunes gens. Quand l'héroïne devient la raison de vivre d'Alfredo, Bea, tenace, ne ménage pas ses forces pour le sauver, refusant de comprendre que la partie est perdue d'avance. Le Bruit de tes pas, qui s'ouvre sur l'enterrement d'Alfredo, et annonce d’emblée qu’il n’y a aucun espoir, est le récit de ces quinze années d'amitié et d'amour indéfectibles. 

DIVAGATION POÉTIQUE
Slam Yasuo
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