L’auteur

Bernard-Marie Koltès est né dans une famille bourgeoise de Metz. Fils de militaire de carrière, il voit très peu son père durant son enfance. Vivant mal l’éloignement de sa famille, sa scolarité au collège en pensionnat se déroule difficilement. Il effectue son premier voyage au Canada à 18 ans, voyage qui le marqua profondément.

 

Il s’initie à la musique de Jean-Sébastien Bach avec l’organiste Louis Thiry. Il voit, à l’âge de vingt ans, Maria Casarès dans Médée. Désirant devenir acteur, il passe le concours d’entrée du Théâtre national de Strasbourg (TNS) mais il n’est pas admis. Il envoie sa pièce Les Amertumes, écrite d’après Gorki, à Hubert Gignoux, alors directeur du TNS, qui impressionné par le talent de Koltès, lui propose d’intégrer l’école; il y entre en section régie, mais fonde très vite sa propre compagnie pour laquelle il commence à écrire et à mettre en scène ses pièces : le « Théâtre du Quai ».

 

En 1970, il écrit L’Héritage que Maria Casarès lit pour la radio. Ses premières pièces, expérimentales, ne connaissent pas le succès et Koltès les reniera lorsqu’il évoluera vers un style plus narratif à la fin des années 70, notamment à partir de Combat de nègre et de chiens. Entre un passage au Parti communiste français (1975-1978), de nombreux voyages en Amérique latine, en Afrique et à New York, Koltès crée de nombreuses pièces, comme le long monologue écrit pour Yves Ferry, La Nuit juste avant les forêts, qui est monté en off au Festival d’Avignon en 1977 par l’auteur, puis, à sa demande, par Moni Grégo au CDN de Lille. Son théâtre, en rupture avec celui de la génération précédente, met en scène la perpétuelle tentative de communication entre les hommes. Koltès a conçu le personnage de Roberto Zucco à partir de l’histoire réelle du tueur Roberto Succo. Au début des années 1980, il rencontre Patrice Chéreau, qui devient son metteur en scène. Mais l’écrivain, malade, décède en 1989 du SIDA3.

 

Bernard-Marie Koltès, dont les textes sont traduits dans une trentaine de langues, est un des dramaturges français les plus joués dans le monde.

Livret de Florence Doublet et Kristian Frédric

Le résumé

 

Un homme (Koch) qui a tout perdu, va dans un endroit, hors de son monde, pour y trouver sa mort. Il entraîne dans son voyage sa secrétaire (Monique). C’est un endroit qui pourrait se situer entre la vie et la mort. Une sorte de no man’s land où les êtres qui s’y trouvent sont condamnés à errer.
Nous sommes peut-être au bord du fleuve des enfers où chacun ne peut esquiver son destin. Certains d’entre eux pourtant veulent y échapper à tout prix, sans jamais pourtant y parvenir. Ils ne comprennent pas pourquoi, mais ils sont ancrés à cet endroit du monde.
Il y a quelque chose qui peut nous faire penser à l’Ange exterminateur de Luis Buñuel.

 

Malgré lui, Koch sera le déclencheur. Sa venue précipitera le destin de chacun. Chacun apparaîtra en plein jour, ils se dévoileront et seront tous happés alors par leur destin.
N’est-ce pas Charles qui nous prévient en disant à Koch lors de leur première rencontre : « Vous ne découvrirez rien ici. Il ne reste plus rien, même pas le moindre rêve, nulle part. Il n’y a que de la sagesse, partout.» On assiste à une parabole mystique où le déclencheur est d’abord un désir de mort.

 

Il faut donc ancrer cette mise en scène dans cette vision-là. C’est pourquoi j’ai de suite pensé qu’Abad (celui qui n’a pas besoin de mots) était l’âme de ce lieu et qu’il en deviendrait le passeur. Abad, celui qui aidera à guider les âmes égarées et son chien qui sera là pour l’accompagner à devenir ce qu’il est au fond de lui-même : ce psychopompe, qui guidera l’homme dans la nuit de la mort. Abad et le chien ne feront qu’un, leurs destins seront liés, comme seront liées les trois femmes de l’histoire (Monique, Claire et Cécile) par un transfert symbolique qui s’effectuera tout au long de l’opéra.

Notes du metteur en scène

Un homme (Koch) qui a tout perdu, va dans un endroit, hors de son monde, pour y trouver sa mort. Il entraîne dans son voyage sa secrétaire (Monique). C’est un endroit qui pourrait se situer entre la vie et la mort. Une sorte de no man’s land où les êtres qui s’y trouvent sont condamnés à errer.
Nous sommes peut-être au bord du fleuve des enfers où chacun ne peut esquiver son destin. Certains d’entre eux pourtant veulent y échapper à tout prix, sans jamais pourtant y parvenir. Ils ne comprennent pas pourquoi, mais ils sont ancrés à cet endroit du monde.
Il y a quelque chose qui peut nous faire penser à l’Ange exterminateur de Luis Buñuel.

 

Malgré lui, Koch sera le déclencheur. Sa venue précipitera le destin de chacun. Chacun apparaîtra en plein jour, ils se dévoileront et seront tous happés alors par leur destin.
N’est-ce pas Charles qui nous prévient en disant à Koch lors de leur première rencontre : « Vous ne découvrirez rien ici. Il ne reste plus rien, même pas le moindre rêve, nulle part. Il n’y a que de la sagesse, partout.» On assiste à une parabole mystique où le déclencheur est d’abord un désir de mort.

 

Il faut donc ancrer cette mise en scène dans cette vision-là. C’est pourquoi j’ai de suite pensé qu’Abad (celui qui n’a pas besoin de mots) était l’âme de ce lieu et qu’il en deviendrait le passeur. Abad, celui qui aidera à guider les âmes égarées et son chien qui sera là pour l’accompagner à devenir ce qu’il est au fond de lui-même : ce psychopompe, qui guidera l’homme dans la nuit de la mort. Abad et le chien ne feront qu’un, leurs destins seront liés, comme seront liées les trois femmes de l’histoire (Monique, Claire et Cécile) par un transfert symbolique qui s’effectuera tout au long de l’opéra.

 

Monique, débarrassée de ces dernières reliques, deviendra par sa silhouette et sa coiffure une nouvelle Cécile. Claire, violée par Fak et abandonnée au milieu du monde, deviendra à son tour une nouvelle Monique. Tandis que Cécile, sera dans sa mort, mangée par le lieu même. Elle n’aura jamais pu s’extraire de cet endroit.Monique, débarrassée de ces dernières reliques, deviendra par sa silhouette et sa coiffure une nouvelle Cécile. Claire, violée par Fak et abandonnée au milieu du monde, deviendra à son tour une nouvelle Monique. Tandis que Cécile, sera dans sa mort, mangée par le lieu même. Elle n’aura jamais pu s’extraire de cet endroit.
Koch, lui, y trouvera sa mort, tandis que Charles prendra sa veste, sa silhouette, son ironie, sa dérision, sa fatalité, jusqu’à son rire même et ses expressions : «foutaises». Il comprendra lui aussi qu’il ne pourra pas lui échapper, qu’il sera condamné à franchir ce fleuve sans jamais rester dans le souvenir de quelqu’un. N’est-ce pas là, la dernière requête qu’il formulera à Rodolfe (son père) : «Je veux rester dans le souvenir de quelqu’un, comme tu m’as appris qu’il fallait rester dans le souvenir de quelqu’un pour ne pas mourir.»

Ce père, trop vieux trop foutu, qui pourtant reste le personnage le plus ancré dans l’histoire et porteur de l’arme, en deviendra le déclencheur. Aussi monstrueux que lâche, il sera le bras armé du destin en adoubant Abad. C’est lui qui le poussera aux meurtres en lui confiant sa mission : «Si tu n’as tué qu’un seul homme, ta mort ne laissera aucune trace. Il faut en avoir tué deux, pour la gagner.» On ne peut s’empêcher de penser à la rencontre, dans Apocalypse Now de Francis Ford Coppola, entre le colonel Walter E. Kurtz et le capitaine Benjamin L.Willard.

Ce qui est passionnant chez Bernard Marie Koltès, c’est la Faculté qu’il a de nous ramener à chaque fois au plus profond de nous-même.
Il érige devant nous un miroir, pour que puissent s’y refléter nos propres peurs, nos propres manques et surtout notre besoin effréné de vouloir y laisser une trace.

 

Plus qu’une histoire c’est une fable.

Kristian Frédric

Ils en ont dit…


« Tous galvanisés par la direction d’acteurs franche et juste de Kristian Frédric (co-signataire du livret avec Florence Doublet). Celui-ci règle un spectacle d’une belle efficacité, jouant de l’imposant décor imaginé par Bruno de Lavenère – une façade de friche industrielle, parcourue de passerelles et d’escaliers métalliques. Dans ces ambiances cinématographiques, on retrouve souvent la poésie propre à l’art de Koltès. Une poésie froide et lapidaire, procédant davantage des errances des personnages que de leurs mots. Une poésie qui, sans doute, se suffit à elle-même. »

DIAPASON – Emmanuel Dupuy 

« La mise en scène et les décors – ceux de Bruno de Lavenière – ne sont pas sans rappeler les options de Patrice Chéreau. Kristian Frédric cerne les zones d’ombre dans lesquelles évoluent les personnages. La monumentalité des panneaux qui se referment brusquement dans les premières minutes de l’opéra saisit d’emblée. Les trente séquences s’enchainent dans un rythme presque cinématographique – on pense à Wozzeck – jouées sans pathos et avec une tension toujours soutenue. Le viol de Claire que l’on entend sans voir, du dernier étage d’un décor métallique, constitue le point crise du scénario, noué par l’intervention du chœur sur les cris de la jeune femme et une rafale de coups de feu entendus à l’extérieur. »

ResMusica – Michèle Tosi 

« La mise en scène de Kristian Frédric est dans le ton du théâtre de Koltès. La dramaturgie est efficace, même dans ses moments appuyés. »

DNA – Marc Munch

« Surtout, la mise en scène très vive de Kristian Frédric, qui a aussi signé le livret avec Florence Doublet, restitue bien l’écriture, acérée et lyrique à la fois, de Bernard-Marie Koltès. Perpétuellement remodelé au gré des trente « séquences » de l’œuvre, le décor conçu par Bruno de Lavenère pour ce Quai Ouest y enferme les personnages dans une étrange danse des morts. »

Concert Classic – Jean-Guillaume Lebrun

« Malgré le sujet sombre, la production de Quai Ouest est brillante. La mise en scène de Kristian Frédéric a compris finalement, par son parti pris, que le véritable protagoniste de Quai Ouest est le décor. En effet, par des effet grandioses, le décor immense des docks, des entrepôts et des quais va et vient sur scène, nous opprimant et nous invitant à participer à cette cérémonie de mœurs qui ressemblent tant à celles que les médias divulguent sur les banlieues. Nous avons été conquis par la puissance de cette mise en scène subtile dans la brutalité de ses couleurs, déclinant à merveille les nuances de nuit.»

Classique News – Pedro-Octavio Diaz

Quai Ouest

De Régis Campo

2014
2015
France
Allemagne

La production

 

QUAI OUEST
De Régis Campo

 

CRÉATION MONDIALE

Commande de l’Opéra national du Rhin et du Staatstheater Nürnberg

 

Coproduction de l’Opéra national du Rhin avec le Staatstheater Nürnberg Opéra en trente séquences de Régis Campo

 

D’après Bernard Marie Koltès
Livret de Florence Doublet et Kristian Frédric

 

Direction musicale Marcus Bosch

 

Mise en scène Kristian Frédric
Décor Bruno de Lavenère
Costumes Gabriele Heimann
Lumières Nicolas Descoteaux

 

Maurice Koch Paul Gay
Monique Pons Mireille Delunsch
Cécile Marie-Ange Todorovitch
Claire Hendrickje Van Kerckhove
Rodolfe Christophe Fel
Charles Julien Behr
Fak Fabrice di Falco
Abad Augustin Dikongue

 

Chœurs de l’Opéra national du Rhin Orchestre symphonique de Mulhouse

 

Strasbourg – opéra

 

Sam 27 septembre 2014

Mar 30 septembre
Jeu 2 octobre

 

Mulhouse – La Filature
Ven 10 octobre 2014

 

Staatstheater Nürnberg

 

Musikalische Leitung  Marcus Bosch
Maurice Koch  Pavel Shmulevich
Monique Pons  Leah Gordon
Cécile  Leila Pfister
Rodolfe  Taehyun Jun
Claire  Michaela Maria Mayer Claire
Charles  Hans Kittelmann
Fak  Fabrice di Falco
Abad  Augustin Dikongue

 

Staatsphilharmonie Nürnberg, Chor des

Staatstheater Nürnberg

 

Sam 17 janvier 2015

Mar 20 janvier
Sam 7 février
Dim 15 février
Mer 18 février
Jeu 26 février
sam 7 mars

Articles de presse

« Du grand cinéma, sur grand écran, parfois couleurs, parfois noir et blanc, avec une réalisation fine et délicate »

L’Alsace – Anne Suply

« La mise en scène de Kristian Frédric est dans le ton du théâtre de Koltès. La dramaturgie est efficace, même dans ses moments appuyés. »

DNA – Marc Munch

Bande annonce 0'59
Quai Ouest: rencontre avec Régis Campo, Marcus Bosch et Kristian Frédric 1'03'23

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